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13 avril 2010

L'AVENTURE AMBIGUE DE CHEIKH AMIDOU KANE

Ce rassemblement est pour nous l’occasion de rendre hommage à un illustre fils d’Afrique et heureusement encore vivant. Ce qui rend ce cadre de réflexion louable c’est d’avoir compris le centre d’intérêt que représente l’œuvre de Cheikh Hamidou Kane dans les écoles occidentales et africaines, mais surtout dans l’approche téléologique et ontologique de la réflexion de l’auteur.
En effet lorsqu’en 1961 l’aventure ambiguë apparaît, l’Afrique se trouve au tournant de son histoire. Le cours de l’existence des peuples colonisés se développe en de nouveaux confluents par l’apparition de trajets comme accès possible au devenir, à l’être et, au sens. Mais à quel prix ? Question tranchante de l’œuvre : que perd t-on ? Que gagne t-on ? Que vaut ce que nous gagnons en comparaison de ce que nous perdrons ? Et pourquoi devrions nous perdre quelque chose surtout quand nous n’avons pas choisi de lâcher ? Bref que deviendrions-nous ? Question d’être finalement, mais de l’être dans son de venir et sa finalité. C’est pourquoi nous avons été invité à réfléchir avec vous sur la valeur philosophique de l’œuvre l’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou
Kane.
On peut signifier du philosophique dans toute forme de littérature par sémantisme, mais toutes œuvres a-t-elle nécessairement la profondeur et la rigueur de la réflexion philosophique ? Et donc en quoi ce roman de Kane porte la marque de la profondeur et de la rigueur philosophique ?
Nous vous proposons deux grandes étapes de notre analyse.
- D’abord, y a-t-il un genre d’écriture philosophique ? En d’autres termes, par quel type de support littéraire la philosophie s’est-elle exprimée ? Par suite le discours philosophique est-il fondé sur une méthode propre ?
- Enfin, l’aventure ambiguë obéit-elle aux exigences de l’expression et de l’intention philosophique ?


Observations sur le genre littéraire dans les œuvres à caractère philosophique.
I.A. Nature du genre littéraire en philosophie
IL y a dans tout le vaste chantier de la philosophie une volonté de communication qui fait appel nécessairement aux modes d’expression littéraire. Toute cette entreprise commence avec Socrate. On découvre la philosophie sous le mode du dialogue, l’écriture n’est pas de mise d’abord, c’est la causerie qui apparait comme la force pédagogique et l’ouverture de la réflexion mais aussi la liberté de l’expression. La mise en forme de ces dialogues dits socratique par Platon donne la première forme romanesque mais un roman à thèse débarrassé de tout enjeu ludique. Une forme de roman sérieux à contenu très studieux, disons rigide voir aride (la république, le banquet, Phédon, Alcibiade ou l’apologie de Socrate etc.).
Puis vint le temps de la philosophie scolaire avec le lycée où le maître éprouve le besoin, de communiquer ses connaissances sous la forme de savoir constitué et, de transmettre des connaissances « la philosophie est la science du tout » proclame Aristote. Dorénavant, la philosophie épouse le genre de l’essai propre à transmettre des idées, des connaissances ou des enseignements. On note donc ses deux formes littéraires de départ : le dialogue et l’essai qui vont donner naissance à deux enjeux de la philosophie mais qui serons aussi suivi par des genres nouveaux.
En effet si la forme essai est cette philosophie fermée et inaccessible au grand publique, mais réservée à des initiés, ceci répond surtout au besoin de poursuivre un idéal de systématisation dont l’objectif est la quête de la vérité et la transmission de connaissance rendue absolument logique et certaine. Ce type de philosophie promouvant l’essai et la systématisation de la pensée a été développée par la scolastique et poursuivi par la vague allemandes du dix-huitième et vingtième siècle conduit par Hegel et Kant. Mais on constatera aisément que ce genre de philosophie est sorti des universités, religieuses d’abord avec les pères jésuites et leur autorité du magister, ensuite les universités laïques allemandes dont Hegel fut un éminent titulaire de chaire. Il s’agit donc de cours, de conférences, et de thèses telle la 11ème thèse sur Feuerbach de Marx ou une contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel du même auteur pour ne citer que très peu. L’enjeu ici est de faire de la philosophie une réflexion absolue. La pensée y est fermée hermétique et parfois ésotérique. On a ici une philosophe élitiste voir sélective. Le publique il est clair n’a pas accès à une telle forme de communication elle y est éloignée parce que dit-on la philosophie est une activité sérieuse que tout le monde ne peut pratiquer. La conséquence d’une telle ambition a été de rendre plusieurs des connaissances transmises par les penseurs philosophes, inaccessibles et rejetées. On l’a donc qualifié de métaphysique au sens péjoratif et sans aucun rapport avec la réalité.
Le philosophe par ce choix du mode communicatif est apparu déconnecté et marginal.
Toutefois le genre essai ne représente pas toute la philosophe. Celle qu’a légué Socrate dans ses saines causeries se développe dans les cercles stoïcien, gnostiques et épicuriens sous la forme de roman épistolaire, d’autobiographie ou de conte. On peut voir les contes d’Aristophane, les lettres d’Epicure à ménécée ou les entretiens de marc Aurel. Descartes revenant au concept d’une philosophie autobiographique, avec en prime le choix de la langue du peuple comme moyen de communication veut ouvrir la philosophie a toute les intelligences. On remarquera donc que ce choix est celui qui guide particulièrement les philosophes du VIIIème siècle par des œuvres telles que robinson crusoé de Daniel Defoe, Candide de Voltaire ou le monde tel qu’il va ; Diderot avec Jacques le fataliste ou la religieuse, Encore Rousseau : la nouvelle Héloïse, les rêveries du promeneur solitaire, Sade roman philosophique, Montesquieu : les lettres persanes. Ouvrir donc la philosophie, la mettre à la disposition de tous, la faire lire et comprendre par de simples gens tels les ouvriers, les paysans et les gens du commerce et du café est ce qui anime le choix du genre roman conte et autobiographique. Au XXème siècle, les Jean Paul Sartre, Camus, Michel Tournier et autre Gide ont beaucoup utilisé le roman ou le théâtre comme mode d’expression. Dans la logique existentialiste, le roman est perçu comme genre propre à traduire les expériences fortes de la vie humaine, la phénoménologie de l’existence.
Loin donc de travestir la réflexion philosophique ou de la diluer, le roman comme le théâtre ou le conte apparaissent comme des vecteurs forts pour exprimer de grandes théories à partir de l’expérience, de conclure des idées en les déduisant de situation réellement possible. Par ces types expressifs imaginaires, les concepts sont habillés et l’abstrait devient réel par le détour du concret. Le roman est pour le philosophe un support illustratif pour mieux partager ses idées.
I.B. Fondements méthodologiques propre au discours philosophique
Puisqu’il s’agit dans cette communication de nous pencher sur les particularités du genre romanesque, nous nous arrêterons donc sur le mode de raisonnement philosophique dans les romans à caractères philosophiques aussi appelés Romans à thèse.
Dans les œuvres romanesques à caractère philosophique nous pouvons noter les paradigmes suivants : le profil thématique de l’intrigue, le style du discours, la problématique, le mode d’argumentation et le plan symbolique ou typologique.
Le ton ironique ou l’usage de la dérision a pour but de mettre en évidence l’ignorance dont le commun des mortels fait preuve dans ses opinions les plus rependues mieux de dénoncer des savoir mal fondés et cependant qui font autorités dans nos conduites, nos raisonnements et nos sociétés.
Ceci montre que même dans le roman le philosophe pousse toujours le sens critique ; il amène l’homme à découvrir ses erreurs, à les interroger pour en découvrir les incongruités et les absurdités de son jugement.
II. Pertinence du choix du genre littéraire de l’auteur de l’aventure ambiguë

II.A. Les grandes problématiques philosophiques dans l’aventure ambiguë
La problématique de l’aventure ambiguë n’est pas comme on a pu lire çà et là la question religieuse, ni celle de l’existence de Dieu, encore moins l’itinéraire spirituel de samba Diallo, non plus de l’école.
L’aventure ambiguë est la réflexion du devenir du peuple noir ; la situation de l’être dans un chaos existentiel. C’est pourquoi Vincent Monteil Voit juste dans sa préface lorsqu’il juge que « l’aventure ambiguë, c’est le récit d’un déchirement, de la crise qui accompagne, pour l’africain « européanisé » sa propre prise de conscience ».
Prise de conscience problématique en effet : resterions-nous le même dans la métamorphose universelle ? Autrement dit, l’extérieur (l’Europe et sa technologie- l’apparent) n’a-t-il pas vaincu notre être moral et spirituel ? Le noir doit-il accepter d’échanger ses valeurs au profit de la puissance et de la science européenne ? Telle est la vraie problématique.
Le détour par le thème adjacent de Dieu n’est rien d’autre que le besoin essentiel de la philosophie de poser chaque fois un fondement absolu au raisonnement. C’est pourquoi pour l’auteur tout part de Dieu- L’être- pour continuer vers les étants. Partir de Dieu c’est poser les bases premières de l’existence, l’immuable, le parfait, la clarté absolue, l’absolu même, la science éternelle, et l’auteur ne manque pas en cela de révéler ses sources cartésiennes et pascaliennes. Dieu le point d’ancrage. L’axe paradigmatique, l’espérance de l’être.
Pour le peuple noir, l’immuable se comprend en terme de fixité : la fixité, c’est ce que le maître attend de Thierno, c’est ce qu’il veut par transformer samba Diallo, ce qu’il conseille au chef, ce qu’il est lui-même devenu dans ce foyer, ce que samba Diallo révèle dans son attitude des premiers jours à l’école. (pages). L’immuable est traduit en conservation, immobilisme, stoïcisme : refus de métamorphose ; crainte du changement ; refus de l’étranger ; agrippement aux valeurs ; recherche de la stabilité, fascination par permanence. Mais l’intervention occidentale
II.B. Aspects typologiques et conceptuels

22:08 Publié dans RECHERCHES | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

slt a vous j'aime bien ce que vous écrivez sur lui mais ce n'est pas encore parfait j'aimerais si possible participer au blog merci
mon blog mp3.ivoire-blog.com et vous avez mon mail

Écrit par : mp3free | 15 avril 2010

slt a vous j'aime bien ce que vous écrivez sur lui mais ce n'est pas encore parfait j'aimerais si possible participer au blog merci
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Écrit par : mp3free | 15 avril 2010

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